Polémique kafkaïenne


La bibliothèque nationale d'Israël a demandé ce mois-ci le "retour" à Jérusalem du manuscrit du Procès. L'Allemagne, qui en est l'actuelle détentrice, et qui le conserve dans la bibliothèque de littérature moderne de Marbach, a refusé. Cet événement n'est qu'une infime partie des multiples controverses qui s'élèvent au sujet des archives de Kafka, concentrées notamment sur leurs héritières qui refusent de les laisser examiner. Le manuscrit du Procès a été vendu à la bibliothèque allemande en 1988 par Esther Hoffe, légataire de Max Brod, lui-même ami de Franz Kafka à Prague où ils étaient tous deux écrivains. Kafka est mort en 1924, de la tuberculose, et souhaitait que son ami brûle ses manuscrits. Max Brod n'a pas respecté cette volonté et les a conservés, puis emportés avec lui en 1939 lorsqu'il a réussi à s'enfuir de Prague pour échapper au nazisme. Il s'est ensuite occupé de publier les oeuvres de Kafka.
Il a légué, à sa mort en 1968, les manuscrits de Kafka à sa secrétaire, Ester Hoffe. Les deux filles de cette dernière sont les actuelles héritières, après la mort de leur mère il y a deux ans.
Le Procès
La bibliothèque nationale israélienne réclame le manuscrit du Procès à l'Allemagne, au nom d'une loi sur les Archives qui interdit de sortir des archives importantes du pays si elles n'ont pas été préalablement examinées et copiées par le département des Archives de la Bibliothèque nationale. Même si Kafka n'était pas israélien, et que ses manuscrits sont rédigés en allemand, Shmuel Har Noy, le directeur de la Bibliothèque nationale israélienne, réclame le retour du manuscrit en Israël, pour "corriger une erreur historique". Il argue aussi du testament de Brod : selon lui, il ne souhaitait pas que le manuscrit soit vendu et encore moins qu'il aille ailleurs qu'en Israël. Mais les terme de ce testament sont très discutés.